Les 4 malédictions de la parentalité

Bonjour à tous,

     Ah là là, que de changements dernièrement! J’ai passé le dernier mois à faire des allers-retours entre le Rona et mon nouveau bureau, à la Coopérative Le Rocher de Grand-Mère. Pendant les travaux de peinture et l’aménagement, j’ai remercié la vie à quelques reprises de ne pas encore avoir d’enfants à la maison. C’est poche à dire, mais autant qu’avoir un ou des enfants peut être une vraie bénédiction, cela peut également être un parcours du combattant. Je ne me serais pas imaginée travailler toute la semaine, sortir les chiens (qui sont un genre de bébé à temps plein, à vie), de m’occuper de la maison et de faire les travaux au bureau EN PLUS de m’occuper d’un tout petit.

     Peut-être que c’est de l’égoïsme de ma part, peut-être que cela est de la paresse… quoi qu’il en soit, certains adultes ont clairement moins froids aux yeux que moi car ils ne semblent pas avoir peurs de prendre tous les défis de front. C’est d’ailleurs à ces parents que la chronique s’adressent aujourd’hui : je veux vous parler de parentalité et de l’ingrat travaille d’être parent! Plus particulièrement, je vais vous présenter les quatre malédictions qui sont jetées aux jeunes parents dès qu’ils apprennent qu’ils attendent un enfant.

 

malédiction
Image trouvée sur le site Internet « L’internaute »

Malédiction #1 : Tu n’es pas là et déjà je t’aime

Ok… je vous le dis tout de suite, préparez-vous à vivre la séparation amoureuse la plus difficile de votre vie! Dès que le bébé vient au monde, ce qu’il va chercher à faire c’est d’explorer son environnement. Au début, c’est super cute. Il se met à vous regarder dans les yeux (parce qu’il peut enfin voir à cette distance!), puis première nouvelle, il veut gagner en autonomie pour aller explorer plus loin. Quand je parle de plus loin, je parle de la pièce, de la maison et du quartier… mais je parle aussi des différentes relations. Vous, papi et mamie… puis, les amis!  Adios, les parents, bonjour les amis et la blonde/chum et plus le temps avancera, plus vous serez loin sur la liste des priorités.

     Ce qui est ingrat là-dedans, c’est que le parent tombe très souvent en amour fou avec son bébé. Dès l’annonce d’une grossesse, pour le couple parental, le bébé existe et a une présence bien réelle dans leur vie. D’ailleurs, c’est souvent à ce moment que les parents vont projeter sur leur enfant toutes leurs aspirations et désirs. L’enfant à naître n’est pas encore qu’on lui a créé une personnalité (il sera remarquable!), qu’on a décidé qui seront ses amis et comment il nous traitera comme parents (avec amour infini et reconnaissance polie, of course!). On tombe en amour avec quelqu’un d’imaginaire. Ce phénomène est naturel, mais aie aie aie qu’il fait mal lorsque, inévitablement, les parents rencontrent leur bébé (qui est un humain avec son propre tempérament, ses propres goûts et envies). Plus ce bébé grandira, plus il sera en mesure de vous signifier comment il est différent de ce que vous souhaitez. Vous allez vivre une désillusion, mais vous allez aussi vivre de la fierté.

 

Malédiction #2 : Tu reposeras entièrement sur moi

     Comme le chante si bien Britney Spears : « You better work, bitch.». Avoir un enfant, c’est beaucoup de travail. Une professeure nous disait, à ce sujet, un jour à l’université comment avoir un enfant équivaut à avoir une panoplie de chronomètres qui s’ajoutent au quotidien. C’est comme participer à une immense course à relais où vous devez faire boire votre mini-moi aux heures et demies, le coucher à la même heure chaque soir et chaque après-midi et ainsi de suite. C’est très contraignant. Par ailleurs, votre enfant aura, une bonne partie de sa vie, de la difficulté à vous communiquer clairement ce qui ne vas pas. Dans ces moments, il pleurera, il boudera, il lancera des objets… éventuellement il vous dira à quel point vous ne comprenez rien (tiens! méchant incompétent!). Tout ce travail pour aussi peu de résultats?

     En plus, le fait que votre enfant repose entièrement sur vous implique aussi que tous vos comportements et réactions seront scrutés à la lettre. Ils vont prendre vos bons plis et ils vont entendre vos recommandations. Ils risquent également de prendre de vos mauvais plis et faire ce qu’ils observent et non ce que vous dites. Votre mari vous gosse parce qu’il laisse son bol de céréales dans l’évier… devinez qui risquera de faire pareille? En ce sens, être parent demande beaucoup d’humilité, de la patience et des nerfs d’acier.

 

Malédiction #3 : Quand tu seras plus en mesure de comprendre, tu me challengeras!

     Beau paradoxe de l’adolescence ça, non!? Alors que l’ado, le pré-ado, a enfin un cerveau assez mature pour comprendre certaines notions abstraites (pourquoi il doit y avoir des limites, pourquoi il faut apprendre à partager, etc.) et ne pas seulement exécuter ce qu’on lui demande… alors que l’ado est enfin plus fort et plus vaillant dans son corps pour commencer à s’occuper de certaines responsabilités… et bien, pile à ce moment-là, c’est le moment que l’ado va commencer à vous remettre en question! Comme un apprenti à qui on enseigne tout notre savoir faire, l’ado part avec ses connaissances et va s’ouvrir un commerce dans le même domaine que le votre de l’autre coté de la rue! Trahison!

     La fameuse « crise d’adolescence » est appelée « crise » car en fait, c’est les parents qui ont envie de faire une syncope! Les demandes qui étaient légitimes hier sont questionnées aujourd’hui. Les monologues parentales se retrouvent maintenant comparés aux expériences des amis qui, eux, leurs parents en demandent tellement moins. Les parents doivent maintenant trouver le si délicat équilibre entre a) augmenter les responsabilités et les privilèges de leurs jeunes (c’est important, on ne peut pas juste être plus demandant face aux ados, il faut aussi être plus permissif sur certains sujets! C’est aussi ça grandir et être adulte – c’est être libre, mais assumée cette liberté), et b) leurs donner des soins et répondre à leurs besoins (comme quand ils étaient enfants). C’est mélangeant pour les parents, mais à leur défense… souvent les ados ne se comprennent pas eux-mêmes donc, compassion envers vous-mêmes chers parents! Nécessairement, vous allez devoir procéder par essais-erreurs. C’est ingrat en maudit, car la journée que votre ado sera en mesure de vous expliquer clairement ses besoins, qu’il sera en mesure de s’affirmer respectueusement, qu’il sera en contrôle de ses émotions et qu’il sera posé… on ne l’appellera plus adolescent, mais bien adulte.

 

Malédiction #4: Peu ou aucune reconnaissance tu auras!

     Cette malédiction est probablement la pire et la plus belle. Tous ces efforts ne vous seront jamais réellement rendus, chers parents. Peut-être rendu adulte, votre jeune pourra conscientiser en partie ce que cela vous a demandé de le mettre au monde et de lui permettre de prendre part au monde d’une manière gratifiante pour lui et les autres… mais jusqu’à ce qu’il ait ses propres enfants, vous ne recevrez probablement pas ce fameux merci tant attendu. C’est seulement lorsque vous serez grands-parents et que son énergie (à votre enfant à vous) sera investi sur ses petits à lui/elle que vous pourrez comprendre toute la profondeur de sa reconnaissance.

    Pourquoi? Parce que de « copier », se fier ou reproduire les comportements parentaux de ses propres parents représentent là le meilleur des compliments. Devant ce petit être fragile qu’est le bébé, les gestes d’Amour que votre enfant rendu adulte posera seront ceux qu’il a lui-même reçus. Magique, n’est-ce pas?

 

Quelques psy trucs pour les parents

     Cela fait le tour de ma chronique sur la parentalité et ses malédictions. Ceci dit, avant de terminer l’article, je vous partage rapidos quelques trucs qui aident à survivre ce Spartan Race.

  1. Faites garder! C’est très sérieux. Une fois par semaine, deux fois par semaine… votre enfant préfère avoir des moments joyeux et nourrissants avec son parent… pas de l’irritation difficilement voilée et un parent souriant jaune.

  2. Défoulez-vous avec votre conjoint! Petite date entre adulte à se plaindre de comment c’est dur et ingrat être parent… Oui, c’est nécessaire. Non, vous n’êtes pas de mauvais parents. Cela s’appelle gérer ses émotions sainement.

  3. Déléguez! Certainement un terrain avec le gazon entretenu, c’est plus beau. Mais, certainement que votre petit voisin de 12 ans sera content de se faire de l’argent de poche la fin de semaine! Prenez du temps pour vous, pour votre famille et pour vivre la vie. Être parfait, ça fait une belle photo Instagram, mais ce n’est pas bon pour la santé mentale. Déléguez des taches qui ne sont pas prioritaires ou fondamentales (comme dans « en lien avec vos valeurs profondes »). Rendez-vous la vie facile.

  4. Dites non à vos enfants! Vous avez le droit de refuser des demandes ou des désirs de vos enfants, chers parents. Ça ne vous adonne pas de faire le taxi ce soir? Vous préférez remettre à plus tard une activité? Vous avez tout à fait le droit. Sachez que vos enfants ont besoin d’apprendre à tolérer la frustration, ce qui signifie qu’il est de votre devoir de leur fournir des opportunités. Je vous le dis, c’est pour leur bien.

  5. Entourez-vous d’adultes! Prenez un break du rôle d’éducateur, chauffeur de taxi, cuisinier, gentil organisateur et psychologue. Donnez-vous du repos en reprenant simplement votre rôle premier, celui d’homme ou de femme. Sortez entre adultes, jaser de conversations d’adultes et ré-habiter votre corps/esprit d’individu à part entière… qui est plus que la somme de ses rôles sociaux.

 

Bonnes semaines à vous,

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